Carole Delga : « Je crois à cette nouvelle région » Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon

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Carole Delga lors d'une manifestation à Béziers. Photo AMCarole Delga lors d’une manifestation à Béziers. Photo AM L’utilisation de l’article, la reproduction, la diffusion est interdite – LMRS – (c) Copyright Journal La Marseillaise

Carole Delga, la candidate socialiste aux prochaines régionales, répond aux nombreuses questions que pose la fusion Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon.

Carole Delga, secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire, est la candidate du Parti socialiste pour les régionales de décembre 2015. Rencontre.

La population du Languedoc-Roussillon est particulièrement inquiète de la fusion de nos deux régions. Vous, vous semblez confiante. Qu’est-ce qui le justifie ?

Je pense que la fusion est une chance, une opportunité pour développer nos atouts, un formidable amplificateur des potentialités de ces deux territoires tant du point de vue de l’industrie, de l’économie de proximité que du tourisme, des politiques environnementales, de l’agriculture et de la culture… Il faut expliquer que cette nouvelle région amènera de l’emploi et sera un gage de croissance. Elle sera protectrice des citoyens et pourra impulser de nouvelles dynamiques sur tous les territoires.

Vous avez déclaré vouloir, si vous étiez élue, installer l’hôtel de région à Montpellier et la préfecture à Toulouse ? Comment cela peut-il s’organiser ?

C’est effectivement une proposition que j’ai faite. Si la préfecture est à Toulouse, il paraît évident que la direction générale des services sera basée à l’hôtel de région de Toulouse afin de travailler avec les services préfectoraux en proximité et en efficacité. Les services de la Région seront répartis sur les deux sites. Quant à l’assemblée délibérante (le conseil régional), et les commissions permanentes, elles se réuniront à Montpellier. Les deux hôtels de région continueront à exister. Comme s’y sont engagés Martin Malvy et Damien Alary, les fonctionnaires resteront sur place, il n’y aura pas de mobilité forcée. Dans une région à 13 départements, on ne pourra pas tout concentrer sur un seul site. Nous aurions des frais de déplacement énormes et une obligation d’agrandir les deux sites.

Cela dit l’hôtel de région de Montpellier ne peut pas accueillir 150 élus…

Celui de Toulouse non plus. Tout cela demandera de la concertation et du temps et sera décidé comme la loi le prévoit durant le premier semestre 2016 par la nouvelle assemblée.

Qu’en sera-t-il à votre avis des directions régionales d’Etat ? D’autant que les premiers préfigurateurs ont été tous choisis en Midi-Pyrénées…

La règle fixée au niveau national est que le préfet préfigurateur est celui de la région la plus importante. Il y a sept administrations déconcentrées en comptant l’Agence régionale de santé et le rectorat. Sur les 5 administrations, deux préfigurateurs sont de Midi-Pyrénées et trois de Languedoc-Roussillon. On a tendance à ne parler que de l’ARS et du rectorat dont les préfigurateurs sont de Midi-Pyrénées, on oublie les trois préfigurateurs du Languedoc-Roussillon.

Certains syndicats ont annoncé la suppression de 4 000 emplois…

Le préfet préfigurateur a pris des engagements très clairs : le nombre de fonctionnaires d’Etat sur Montpellier ne changera pas. La proportion entre Toulouse et Montpellier restera la même. 55% à Toulouse, 45% à Montpellier.

Avez-vous déjà débattu d’éventuelles alliances pour les Régionales ?

Je souhaite être la candidate de la gauche pour que nous puissions continuer à mener des politiques de gauche, respectueuses de tous les territoires et de tous les citoyens et que nous soyons unis pour lutter contre l’ultralibéralisme de la droite et notre ennemi le Front national.

Et donc respectueuse de ce qui s’est déjà fait en Languedoc-Roussillon : TER à 1 euro, L’Ordi gratuit aux lycéens…

Nous avons cinq ans pour coordonner nos politiques et prendre le meilleur de ce qui existe. L’ordi continuera à être distribué gratuitement et nous travaillerons sur les politiques ferroviaires. Il faut prendre en compte nos potentialités énormes : nous serons la 2e région en France pour le nombre d’étudiants, la 4e en terme de création d’entreprises, la 2e en matière d’exploitation agricole… nous avons l’aéronautique… nos atouts seront complémentaires. La politique des grands sites de Midi-Pyrénées pourra par exemple être étendue au Languedoc-Roussillon. Je crois à cette nouvelle région. En menant une politique de bon sens dans l’intérêt général, nous ferons que notre Sud soit reconnu en France en Europe et à l’international.

Recueilli par Annie Menras

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