Le courage en politique…

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Loin s’en faut, le courage en politique n’est pas la qualité la mieux partagée et cela n’est certainement pas étranger à la situation de déprime générale dans laquelle s’est enfoncé notre pays même si l’explication reste insuffisante. L’épisode de crise que nous connaissons justifierait pourtant des prises de position plus courageuses de la part de nos politiques. Or, pour notre plus grand mal, nous assistons au triomphe du repli sur soi qui est le signe manifeste de la faiblesse et de la peur.
L’exemple venant d’en haut, une attitude exemplaire partagée par l’ensemble des élus, nourrie de courage et de la volonté de s’avancer résolument vers la construction de la société de demain, qui forcerait l’admiration, aurait naturellement vocation à être suivie par le plus grand nombre.
Mais que peut être le courage en politique ?
D’abord le courage de ne pas céder à la facilité de la complaisance avec les attentes supposées de l’électorat. Bref, agir en dehors de toute considération électoraliste, avec la seule motivation de servir l’intérêt général, et éviter de construire son action avec comme seule intention d’assurer sa réélection au scutin suivant.
Le courage en politique, c’est aussi de travailler les dossiers et de faire les choix en connaissance de cause et non pas en déléguant le pouvoir à l’administration publique ou aux conseillers de cabinet qui, par nature, n’ont pas été désignés pour prendre les décisions. Cela exige également la transparence de l’action publique et un lien indispensable avec la communauté citoyenne pour laquelle doit s’appliquer la double règle qui est le fondement de l’acte démocratique : consulter et rendre compte.
Le courage politique c’est aussi servir de manière indéfectible une éthique de la responsabilité. Cela implique que l’on sache s’appliquer sans attendre la règle du non cumul des mandats, à la fois par le nombre (à quand la règle du mandat unique ?) mais aussi dans le temps. Cela favoriserait à la fois la féminisation nécessaire de nos institutions mais aussi le renouvellement de la classe politique. Nous avons le triste record en France de la longévité des mandats électifs mais aussi de la moyenne d’âge la plus élevée de la classe politique.
Cela impose également de rester fidèle à une éthique de l’humilité et de ne pas céder peu à peu à l’ivresse du pouvoir.
Pour finir, le courage en politique devrait procéder du courage de l’électeur, du citoyen qui devrait se sentir plus impliqué par ses choix et consacrer un peu plus de temps pour analyser et réfléchir avant de choisir, encore faut-il qu’il le fasse en évitant de se réfugier dans l’abstention.
L’exemple de Lavallois-Perret est édifiant à ce titre avec un électorat s’accommodant d’une gestion plus que douteuse qui a déjà conduit son maire devant la justice.

La politique est un art difficile et exigeant, plutôt que de la dénigrer, il est de notre responsabilité collective d’en restaurer les lettres de noblesse.

Luc Picardluc

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